France : François Verron (Sqli agency) – “Le travail de rapprochement entre internet et l’affichage dynamique doit être engagé”

Sqliagency logo Ooh-tv s’est entretenu avec François Verron, responsable du planning stratégique chez Sqli agency. Cette agence interactive évolue au sein du Groupe Sqli, une société européenne de services spécialisée dans les N.T.I.C, comptant 2.000 collaborateurs.

Pouvez-vous nous présenter Sqli agency ?

Sqli agency est une agence de communication interactive au sens large, connue pour son positionnement user-centric (ie centré sur l’utilisateur).

Depuis un an, nous avons pris le parti de nous lancer dans l’ubimédia, tel que développé par Adam Greenfield dans son ouvrage Everyware: The Dawning Age of Ubiquitous Computing.

Notre rôle, et particulièrement le mien en tant que planneur stratégique, est d’appréhender les nouveaux usages liés à cette évolution, les intégrer aux problématiques de nos clients, et définir avec eux une action concrète à court et moyen terme.

Comme pour tout nouveau concept, notre mission passe avant tout par l’évangélisation du marché. C’est d’ailleurs dans cette logique que nous avons pris part au récent concours multitouch SNCF, dont nous sommes les heureux lauréats.

Adam Greenfield définit l’ubimédia comme “ce qui reste de l’informatique quand les ordinateurs ont disparu  – ou plutôt fusionné avec ce qui nous entoure”. Pouvez-vous développer ?

L’ubimédia est la revanche du offline sur le online. C’est Internet qui s’émancipe du web pour s’inscrire dans le réel. Comme l’électricité auparavant, Internet va être présent partout et tout le temps. Il va se banaliser, s’effacer au profit de son usage, s’incarner dans une nouvelle de couche de services encore largement à inventer.

L’ubimédia a également trait à la notion d’hyperlieux (maison, gares, bureaux, centres commerciaux, points de vente…). Ces lieux serviront d’interfaces à de nouveaux usages “context-friendly”, c’est-à-dire servis par des dispositifs et/ou des services développés pour répondre à un contexte particulier.

Autrement dit, l’ubimédia sera la convergence entre les supports capables de jouer cet internet “ubiquitous” – écrans d’affichage dynamique, smartphones, ordinateurs, vitrines, façades d’immeubles, tout autre type d’objets connectés – et une couche de services internet de proximité et/ou géolocalisés – type twitter, foursquare, facebook, peuplade, dis moi où, applications de réalité augmentée, etc. -, le tout de façon contextualisée à un lieu d’ancrage.

Existe t-il des exemples concrets de services s’approchant de ce concept?

Je pense, par exemple, à ma-residence.fr, un réseau social de voisinage qui a trouvé une expression dans le monde réel via l’installation d’écrans dans les ascenseurs.

On peut imaginer que le service soit, à l’avenir, décliné sur d’autres écrans disséminés dans la ville (DABs, abribus…), m’amenant à le consulter et/ou interagir au bon moment, au bon endroit.

Ce qui est également important chez ma-residence.fr, c’est que l’initiative part de la base, à savoir les individus. Le service crée du lien social et donne l’impression d’un ubimédia maîtrisé, raisonné et centré sur l’humain.

C’est un point à souligner car l’émergence de l’ubimédia s’accompagnera inévitablement d’une crainte : celle d’un big brother scrutateur et susceptible de matraquage publicitaire. L’ubimédia devra donc se faire en adéquation avec les individus.

Les interactions dans l’espace urbain ne sont elles pas susceptibles d’être réalisées surtout via un écran personnel, type mobile, plutôt qu’un écran d’affichage dynamique ?

Surement mais il reste des applications où l’écran de téléphone mobile est peu adapté. Il y a par exemple certains usages collectifs, que ce soient dans un mode utilisateur ou spectateur, qui imposent un format d’écran large.

Prenez, par exemple, un service affichant et agrégeant sur un écran tous les tweets ou SMS envoyés par des personnes présentes à un concert (NLDR : voir une illustration ici). Si son expression est pertinente sur un écran large -participant à la scénarisation du lieu et du moment-, elle l’est moins sur un écran mobile, moins spectaculaire et peu confortable. Ce dernier est, en revanche, complémentaire puisqu’il a permis l’interaction.

Pour conclure notre entretien, je dirai qu’une seule chose est certaine : tout est encore à inventer.

Il faudra toutefois être à la hauteur du paradoxe de ces nouveaux services : s’ils simplifient le réel, leurs mises en œuvre, elles, sont très complexes, du fait du grand nombre de parties prenantes.

Cette innovation devra donc être ouverte, basée sur une logique de partenariats. Le travail de rapprochement entre internet et l’affichage dynamique, notamment, doit être engagé.

NDLR : Pour ceux désirant en savoir plus sur l’ubimédia : Sqli agency a mis en ligne, sur son blog ubimédia garden, une présentation d’un webseminaire sur le sujet.

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  1. Par : etienne nestorin - Le 28 février 2010

    J’ai trouvé ce sujet ,que je ne connaissais pas,très clairement exposé,disons que je comprends ce qu’on peut en faire.


  2. Par : Ooh-tv: Etats-Unis : L’OVAB devient la Digital Place-based Advertising Association (DPAA), élargit sa vision du média OOH numérique - Le 25 mars 2010

    [...] lecteurs de notre récent entretien avec François Verron (Sqli Agency) ne seront pas surpris. En définissant le concept d’ubimedia, François notait en [...]



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