Canada : Denys Lavigne (Arsenal Media) – "Nous souhaitons mettre notre expertise à la disposition de grands réseaux à l’échelle internationale"
Ooh-tv a interrogé Denys Lavigne, Président d’Arsenal Media, une agence de marketing canadienne spécialisée dans la production de contenus sur mesure, ainsi que dans la conceptualisation et la gestion de projets, pour l’affichage dynamique numérique et les kiosques interactifs.
Denys Lavigne est également à l’initiative des JADN, des journées-conférences permettant la promotion du média, l’analyse de tendances, et la promotion des meilleures pratiques de l’industrie et l’un des instigateurs de l’ACAN (Association Canadienne de l’Affichage Numérique, la branche francophone du CODA).
Pouvez-vous nous présenter Arsenal Media ?
Arsenal Media a été créée en 1999. Nous opérions à l’origine dans l’édition corporative sur mesure, avant de nous diriger vers le web et créer des portails de contenus.
Nous avons, depuis cinq ans, pris le virage de l’affichage numérique dynamique pour lequel nous créons et fournissons des programmes de contenus spécialisés en plus de conseiller dans l’élaboration de projets d’affichage numérique.
Nous avons développé une expertise d’abord dans la production de contenus de qualité adapté au contexte particulier de l’affichage numérique, puis dans la conception de projets: nous préconisons les emplacements des écrans, leur taille, le choix du soft etc. Autant d’éléments qui peuvent avoir, in fine, une incidence sur la pertinence ou l’impact d’un contenu. Un projet, où les écrans sont structurellement mal positionnés, ne peut être viable, même avec des programmes de grande qualité.
Nous avons aujourd’hui un portefeuille de clients bien développé avec, entre autres références, les offres d’affichage dynamique de détaillants importants du secteur de l’alimentation (Metro), de la quincaillerie (Rona) ou encore de l’immobilier (RE/MAX). Ces réseaux comptent jusqu’à 600 écrans.
Vous venez de lancer une boutique de contenus. Que proposez-vous exactement ?
Nous avons, en effet, pré-lancé notre nouvelle boutique de contenus le mois dernier.
Le lancement effectif se fera, toutefois, au printemps avec la mise en ligne d’un mini-site dédié, qui nous permettra d’échanger avec nos clients et créer rapidement, pour un coût raisonnable, du contenu sur mesure.
Nous nous ne distribuerons pas de templates, pas de contenus génériques, mais des programmes réalisés spécifiquement, pour des opérateurs de réseaux ou des marques, intégrant la stratégie et les objectifs du client, le contexte de l’installation, etc. Il existe peu d’entreprises de contenus qui sont dédiées à l’affichage numérique et qui ont développé une expertise concrète dans le secteur ; nous l’avons fait et nous souhaitons mettre notre expertise à la disposition de grands réseaux à l’échelle internationale.
Où en est le marché canadien de l’affichage dynamique ?
L’affichage numérique canadien est, aujourd’hui, dominé par les réseaux commerciaux publicitaires (Newad, Zoom Media, Captivate…), ce qui n’empêche pas le développement significatif de TV de marque.
Les réseaux de loterie, notamment, sont largement implantés. Loto Québec, par exemple, atteindra les 8.700 écrans prochainement. La chaîne Tim Hortons opère, elle, une offre sur près de 3.000 sites.
Une grande partie des réseaux canadiens sont encore en développement, en voie de maturation. Implanter et opérer une offre d’affichage numérique ne se fait pas du jour au lendemain. C’est à chaque fois un vrai défi qui nécessite le soutien de tous, notamment des équipes marketing corporatives des grands détaillants qui doivent s’impliquer, s’approprier le média pour le bénéfice de leur marque. Chez Arsenal, nous estimons qu’il faut prévoir entre 18 et 24 mois pour qu’un projet d’affichage numérique atteigne un certain niveau de maturité.
Et quid du Québec spécifiquement? Le marché a l’air d’y être moins développé que dans la partie anglophone?
Au Québec, le secteur est particulièrement actif mais encore trop éclaté. Il nous manque des acteurs de taille critique, comme en compte le Canada anglophone, qui a su créer de vrais succès à l’échelle nord américaine.
La crise affecte-t-elle le développement du secteur ?
Ce qui me marque, c’est que malgré le contexte économique, le média continue de se développer. On a l’impression que nos clients savent que l’affichage numérique est là pour durer, qu’il s’est pérennisé.
Nous sommes, aujourd’hui, sortis de l’illusion du début des années 2000, lorsque tout le monde pensait que la publicité seule pouvait auto-financer un réseau. Ces deux-trois dernières années, les montages sont devenus plus raffinés et nos clients intègrent un ensemble d’éléments pour juger de la pertinence du développement d’une offre : les économies de coûts réalisées, l’augmentation des ventes générée, etc. La publicité n’est qu’un des nombreux volets participant au financement du projet.
Notre industrie atteint, à présent, un niveau de maturité qui impose, à chacun des intervenants du marché, une responsabilité. Nous devons développer des standards de performance toujours plus élevés, de la conception à l’installation en passant par les contenus. Cela passe notamment par la transmission de bonnes pratiques, ce que nous essayons de faciliter via l’ACAN ou les JADN.



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